Les représentations de la santé publique
Les représentations de la santé publique
Les représentations de la santé publique constituent, avec la thématique de « l'addiction », l'une des problématiques fondatrices de l'équipe Isor, et sous-tendent son objet principal : analyser les multiples formes d'addiction dans la durée et dans la diversité de leurs représentations.
Trois objectifs particuliers seront poursuivis dans la séquence 2010-2013 :
« Se mettre au vert. Pratiques et représentations de la nature comme espace sanitaire », séminaire animé durant les années universitaires 2010-2011 et 2011-2012 par Julia Csergo en partenariat avec Francine Barthe-Deloizy (équipe « Espace, nature et culture », Université Paris 4). « Se mettre au vert » : cette expression idiomatique évoque, au moins en France, tout à la fois le temps des loisirs, la campagne, le repli, le repos voire dans un registre « voyou » se trouver une planque lorsqu'on est en cavale. Les langues comme expression de cultures ne sont plus à considérer comme de simples canaux de communication, elles dévoilent et mettent en lumière des manières de penser, de rêver ou d'être tout simplement. Comment à travers la couleur de cette expression se dessinent les pratiques et les images qui l'accompagnent ? Nous nous proposons d'interroger dans le cadre de ce séminaire interdisciplinaire tous les versants de cette expression familière. Il y sera question d'un temps, celui des loisirs, de lieux, ceux du repos et de la régénération, de la phobie de l'urbain, mais aussi du vert comme couleur de la nature. Comment ne pas songer, dans une perspective historique, à toutes ces stratégies de repli (retour au désert) ou plus récemment les utopies des néo-ruraux qualifiés gentiment de babas cool ? S'agit-il de la même logique ? Le vert a-t-il aujourd'hui le même sens qu'hier ?
La santé publique à la télévision. Dans le prolongement de l'étude menée pour l'IREB sur les représentations du discours alcoologique à la radio et à la télévision, Sébastien Le Pajolec, Camille Picard et Myriam Tsikounas s'intéresseront au poids spécifique de certains acteurs dans les débats sur la santé publique. Ils observeront la participation récurrente de médecins et autres membres de professions de santé à des programmes télévisuels. Ils tenteront de comprendre si ces derniers contribuent à faire évoluer les discours sur les questions de santé publique ou adaptent leurs interventions et les arguments selon les programmes auxquels ils participent. Ils se demanderont quelles fonctions sont assignées à ces experts à la télévision : témoin ? spécialiste ? consultant ? conseiller ? voire même journaliste ? Ces frontières tendent souvent à s'estomper, et un examen approfondi de ces multiples collaborations entre le corps médical et l'univers audiovisuel sera indispensable pour saisir les mutations des représentations sociales concernant la santé. Dans une perspective similaire ils s'interrogeront sur l'impact médiatique (radio, télévision, mais aussi internet par le biais des sites et des forums de discussion) des associations qui participent au débat public sur les problématiques de santé.
Concernant les substances psychoactives, l'équipe poursuivra les recherches engagées sur l'alcool à la télévision et à la radio en se consacrant à une réflexion sur la constitution d'un imaginaire socio-médiatique des drogues (cannabis, cocaïne, crack…) qui intégrerait tous les acteurs : politiques, forces de l'ordre, médecins et autres intervenants (comme les éducateurs), associations, usagers…
Les représentations des processus du vieillissement. Nous assistons aujourd'hui à un rapide et profond vieillissement de la population dans les principaux pays européens. Au premier janvier 2008, les personnes âgées de plus de 65 ans en France représentent plus de 16 % de l'ensemble de la population (10 383 pour 63 753 habitants). Cette évolution pose à nos sociétés contemporaines de multiples et nouvelles questions : allongement de la durée de vie (à la fois personnelle et professionnelle), déséquilibre de la pyramide des âges, gestion sociale et prise en charge par l'État du coût du vieillissement (financement des retraites, traitement des maladies (Alzheimer et maladies apparentées), des handicaps et de la dépendance liés à l'âge), évolution de la perception sociale des 3e et 4e âges, etc.
La constitution d'un groupe interdisciplinaire, faisant appel aux multiples et diverses compétences des trois universités du PRES (Paris 1, Paris 5 et Paris 7), va tenter de poser une réflexion globale sur le thème du vieillissement et aider, à terme, la société civile et les pouvoirs publics à prendre des mesures visant à accompagner la vieillesse et le vieillissement. Dans l'état actuel du projet, l'équipe est composée d'enseignants-chercheurs médecins, historiens, psychologues, anthropologues et sociologues des trois universités, qui se proposent de suivre deux grands axes de réflexion : les représentations du vieillissement et de la vieillesse et les spécificités liées à la problématique du vieillissement.
Au sein d'ISOR, Ariane Beauvillard, qui poursuit sa thèse sur les représentations de la vieillesse au cinéma et à la télévision, de la fin des années 1940 à nos jours, réfléchira aux identités, aux rôles et aux statuts des « vieux » et des « vieilles », à leur perception et leur mode de figuration. Elle analysera aussi les relations montrées, dans les fictions, entre personnes âgées hommes et femmes, en étudiant le binôme d'opposition masculin-féminin à la fin de la vie d'un individu et en redonnant aux femmes âgées une place comme actrice sociale de l'histoire.
[ Haut de page ] [ Imprimer ] [ Envoyer à un ami ]

