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Principaux résulats de l'étude "technologie clés 2005" (13 octobre 2000)

Principaux résulats de l'étude "technologie clés 2005" ( 13 octobre 2000)


Les Technologies de l'Information et de la Communication traversent la quasi-totalité des thématiques abordées lors du présent travail. On peut considérer indifféremment que les différents thèmes analysés s'approprient les TIC, chacun à sa façon, ou encore que ce sont en fait les TIC qui colonisent des pans entiers du territoire technologique traditionnel.

Les principaux résultats de l'étude "Technologies clés 2005" De ce travail de réflexion prospective sur les technologies clés 2005 pour le futur de l'économie française et européenne, se dégage les principaux enseignements suivants :

L'omniprésence des TIC ; l'arrivée toujours annoncée des biotechnologies

Les Technologies de l'Information et de la Communication traversent la quasi-totalité des thématiques abordées lors du présent travail. On peut considérer indifféremment que les différents thèmes analysés s'approprient les TIC, chacun à sa façon, ou encore que ce sont en fait les TIC qui colonisent des pans entiers du territoire technologique traditionnel. Peu importe. Ce qui est significatif, c'est le constat de l'omniprésence des TIC dans l'évolution technologique.

Une part importante des progrès accomplis dans maints secteurs, y compris pour les technologies organisationnelles, résulte en fait des développements rendus possibles par les TIC : la modélisation, la capacité de mesure et de calcul, le traitement du signal, la constitution et l'exploitation de bases de données, les communications plus rapides, plus denses et moins chères,... Cette évolution n'est pas nouvelle mais elle apparaît ici comme une véritable déferlante qui diffuse dans toutes les directions à une vitesse surprenante.

En contraste, les sciences du vivant, qui constituaient une autre vague d'innovations annoncées depuis un certain temps, tardent à se concrétiser. Les constantes de temps sont bien sûr différentes. Elles varient fortement d'un domaine à l'autre. Face aux multiples développements des TIC, les biotechnologies pourraient faire figure de parent pauvre. Pourtant différents signaux laissent penser que la révolution technologique associée aux sciences du vivant a bel et bien démarré et qu'elle va, à sa façon elle aussi, influencer de nombreux secteurs économiques, durablement et en profondeur : la pharmacie et la santé, l'agriculture et l'agroalimentaire bien sûr, mais aussi l'industrie de l'environnement, la chimie, les matériaux, l'énergie et même les TIC.

Par delà les technologies organisationnelles, le client

L'importance des technologies organisationnelles avait été clairement mise en évidence par l'exercice précédent comme participant pleinement de la compétitivité des entreprises et de l'économie. En l'absence de terme plus approprié, elles avaient été qualifiées de « molles », ce qui traduisait tout à la fois une difficulté à définir le contour et les contenus correspondants mais aussi une certaine gêne des scientifiques et des technologues à considérer ces champs de la connaissance comme relevant de la technologie.

Le présent exercice a clairement confirmé cet enjeu. Mais plus encore que cette confirmation, cette étude montre que la focalisation sur le client devient un enjeu technologique pour l'entreprise. Après avoir repensé et redéfini son organisation, l'entreprise se tourne vers celui qu'elle doit satisfaire, en cherchant notamment à le connaître le mieux possible. Plusieurs technologies clés se rapportent à cet aspect.. C'est le cas, notamment, des "outils de personnalisation de la relation client" ou des "méthodes de marketing liées à l'utilisation des TIC". Ces technologies visent à analyser les bases de données marketing pour y trouver des corrélations entre les données et extraire des informations commercialement pertinentes sur les clients. Avec le développement d'Internet, ces techniques vont être de plus en plus utilisées pour analyser les comportements sur les sites web.

Des « technologies carrefours »

L'exercice précédent avait identifié des technologies clés assez indépendantes les unes des autres. Le présent travail a recensé des technologies certes importantes intrinsèquement mais surtout fortement interdépendantes. Il s'agit autant de « technologies carrefours » que de « technologies clés » . La grille de caractérisation et les fiches de synthèse des 119 technologies clés soulignent ces liens et cette transversalité.

Certaines des technologies que nous avons recensées ici peuvent être qualifiées de carrefour en ce sens qu'elles intègrent et combinent de multiples autres technologies, et qu'en retour elles irradient et diffusent, à travers des secteurs applicatifs variés, vers de nombreuses autres technologies en les hybridant à leur tour. C'est le cas, par exemple des biocapteurs.

Les biocapteurs sont des outils capables de détecter la présence d'une substance chimique ou d'un composé biologique (enzyme, anticorps, récepteur, cellule) et de traduire cette information en un signal électrique ou optique. L'application de la reconnaissance de ce signal biologique est très récente (cette technologie est apparue dans les laboratoires dans les années 70) et suscite un énorme intérêt dans les secteurs du diagnostic médical, de l'analyse environnementale, du contrôle de qualité dans l'agroalimentaire et des procédés biotechnologiques. Cette technologie est par nature pluridisciplinaire. Elle ne peut progresser que grâces aux efforts conjugués des biologistes, des (bio-) chimistes, des physiciens et des électroniciens. C'est cette double arborescence, des applications et de la pluridisciplinarité des domaines scientifiques concernés et des technologies associées, qui font des biocapteurs une technologie "carrefour".

Intrinsèquement les technologies continuent donc à être une des clés du développement économique et de la compétitivité, mais à travers leurs interdépendances et leur capacité à se re-combiner elles offrent de nouvelles opportunités d'innovation. Le terme de « technologie carrefour » cherche à résumer cette nouvelle approche.

S'extirper des classifications traditionnelles

Une lecture rapide des résultats de ce rapport pourrait laisser penser que certains secteurs d'activité ont fait l'objet d'une attention limitée. Ce pourrait être le cas du pétrole et du gaz, de l'eau ou du nucléaire et probablement de quelques autres secteurs encore. Or il n'en est rien.

Ces secteurs, comme d'autres, voire plus que d'autres, n'ont cessé d'innover et continuent à innover. Nous en sommes tellement convaincus que nous soulignons ici qu'il serait non seulement erroné mais aussi dangereux d'ignorer les gisements d'innovation que recèlent ces secteurs clés de notre économie. Mais si ces secteurs ne sont pas toujours apparus en tant que tels dans ce rapport, c'est que l'exercice prospectif nous condamne à sortir des classifications et des nomenclatures traditionnelles car il nous oblige à repérer les technologies porteuses d'avenir, identifiées au regard de la diversité des besoins et des fonctionnalités qu'elles peuvent satisfaire à l'horizon de 5 ans.

Ainsi certaines technologies relatives à ces secteurs ont disparu de la liste 2000, comme par exemple "la récupération optimisée du pétrole" ou "le nucléaire propre et sur". Cela ne signifie pas que ces technologies ne sont plus importantes pour l'avenir, mais simplement que les enjeux de demain se sont déplacés vers d'autres technologies.

Ainsi, le pétrole et le gaz sont-ils directement ou indirectement concernés, par exemple, par « l'offshore grands fonds », les « micro-turbines » ou « les catalyseurs ». Le domaine de l'eau, dont certains s'attendent à ce qu'il soit un défi du siècle qui s'annonce, est-il directement ou indirectement concerné par la « filtration membranaire », par « l'élimination des métaux lourds dans les boues et les effluents » ou par les « outils de gestion des risques environnementaux et sanitaires ». Le nucléaire est-lui directement concerné par le « traitement des déchets nucléaires » bien sûr, mais aussi par les « matériaux en conditions extrêmes », par les « technologies de déconstruction » ou encore les « techniques de diagnostic et de traitement des sols ». La position de la France et de l'Europe

Avant toute chose, soulignons que la présente sélection des technologies clefs procède d'appréciations « à dire d'experts ». Dés lors l'interprétation du positionnement scientifique et industriel de la France et de l'Europe doit se faire de façon prudente. La méthode de construction de l'échantillon présente par exemple un biais structurel en faveur des technologies nouvelles, qu'elles soient émergentes ou en développement, puisque telle était ici notre préoccupation.

Lorsque l'on agrège leurs positionnements respectifs sur les 119 technologies, il se confirme que les positions de la France et de l'Europe sont relativement proches. La position scientifique et technique de la France sur les 119 technologies clés évaluées est assez nettement supérieure à sa position industrielle et commerciale. Ce constat se retrouve aussi dans l'analyse des positions de l'Europe, mais dans une moindre mesure. C'est là l'indication sinon la confirmation d'une perception largement répandue : dans la compétition mondiale, la France et l'Europe disposeraient d'une science globalement mieux « placée » que leur industrie.

Il est par ailleurs intéressant d'observer que les positions de la France, comme de l'Europe, ne dépendent guère du degré de développement de la technologie, qu'il s'agisse de technologies en émergence ou de technologies en croissance. Très peu de technologies retenues appartiennent à la catégorie des technologies matures : 3 sur 119. Ceci signifierait que, contrairement à une idée reçue, la position de la France et de l'Europe n'est pas particulièrement moins bonne sur les technologies en émergence. C'est là un signal intéressant qu'il faudra veiller à valider dans de prochaines études.

Observons en outre que la position industrielle et commerciale de la France est évaluée comme forte pour près de 20 % des technologies clés (ce pourcentage est, comme on l'a vu, plus élevé pour la position scientifique et technique) et comme moyenne ou forte pour 70 % des technologies clés. Dans un monde où la logique de la concurrence s'impose mais où, parallèlement, les échanges de technologies se sont considérablement développés, deux lectures d'un tel score sont possibles. D'un côté, certains concluront qu'il est possible et souhaitable que la France fasse mieux. Il peut être en effet dangereux de laisser à d'autres des sujets clés que l'on ne maîtrise pas ou trop mal et dont on voit bien alors qu'il sera difficile d'aller acheter le meilleur sans disposer chez soi d'une base d'expertise de bon niveau. En matière de technologie, on le sait, la problématique dite du « make or buy » nécessite d'être relativisée car il faut un fonds de compétences solides pour repérer les meilleurs pourvoyeurs d'une technologie, pour poser les bonnes questions, pour "digérer" la technologie acquise, la mettre en oeuvre et l'améliorer. D'un autre côté, certains pourront, à l'inverse, conclure que la France ne saurait escompter être en position de leadership sur toutes les technologies, même d'avenir. Des spécialisations s'imposent. Dans les pays développés, la division internationale de la production, qui était dans le passé fondée sur des dotations en facteurs (du type matières premières ou travail bon marché), est appelée à s'organiser autour des investissements cognitifs (en équipements modernes et en capital humain). Dans cette logique, il est parfaitement concevable de ne pas consentir les mêmes efforts sur tous les créneaux et d'envisager la possibilité de recourir au marché international pour accéder aux technologies qui feraient défaut. Constatons que la question de la proximité géographique à ces investissements cognitifs est très importante pour le développement des territoires.

La double empreinte d'un exercice de prospective

Les praticiens de la Prospective le savent bien, le processus d'un tel travail compte au moins autant que le résultat produit. En d'autres termes, au-delà des résultats concrets obtenus et présentés dans ce rapport, un second ensemble de résultats plus intangibles, moins palpables mais potentiellement plus conséquents, et au moins aussi pérennes, concerne l'empreinte laissée sur les acteurs par le fait même d'avoir contribué à l'exercice. Les interactions, les discussions parfois animées, les réflexions induites par les questionnements formulées (y compris à travers les questionnaires adressés aux panels du second cercle d'experts) ont visiblement permis à certains de remettre en cause une partie de leurs idées, à d'autres de nouer des relations nouvelles qui contribueront à régénérer leurs réseaux, à d'autres encore de découvrir des problématiques qu'ils connaissaient mal et qui sont pourtant de nature à alimenter leurs actions futures. Au-delà, tous auront eu à s'imposer cette discipline salutaire consistant à rallonger son horizon de réflexion et à se projeter collectivement et de façon contradictoire dans une démarche d'anticipation prospective.