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Michelin

Philippes SABLAYROLLES
Michelin

Philippe SABLAYROLLES

promotion : 1989

Responsable de la Production Cartographique - MICHELIN Cartes et Guides

 

 

 

Pouvez-vous nous décrire le poste que vous occupez actuellement ?

Je m’occupe de la production de tous les contenus cartographiques présents dans les publications du Groupe MICHELIN. Pour l’ensemble de la collection, (cartes, Guides Verts, Guides MICHELIN) mais aussi pour le site Internet ViaMichelin, il s’agit donc de créer et de mettre à jour les cartes et les plans de villes, mais aussi de mettre à disposition les données cartographiques permettant le calcul d’itinéraire sur les sites et applications.

Concrètement, je travaille avec une équipe de cartographes et de géomaticiens, encadrés par des responsables de secteur spécialisés dans un certain type de cartes (cartes routières, cartes touristiques, plans de villes, cartographie numérique,…), et aidés par une équipe de documentalistes dans plusieurs pays d’Europe qui collectent à la source l’information nécessaire pour la mise à jour des bases de données cartographiques. Selon les spécialités, les logiciels employés sont différents, et cela se traduit par une très grande diversité de profils car on passe de la production entièrement dessinée manuellement à des processus totalement automatisés.

 

Ma mission consiste donc à définir les grandes orientations techniques (outils de production (logiciels), méthodes de travail, formats de fichiers), mais aussi à animer le fonctionnement de l’équipe et à organiser les évolutions de carrière. La définition et la gestion du budget de l’entité sont aussi au programme, ainsi que la représentation de la Maison à l’extérieur et la veille technologique afin d’assurer que le patrimoine cartographique conserve sa valeur non seulement par la mise à jour, mais aussi par l’évolution technique. Le tout en préservant la culture et la compétence centenaire des cartographes MICHELIN.

 

 

Quel a été votre parcours professionnel depuis l’obtention du diplôme ?

À la fin du DESS, j’ai d’abord exercé une activité de cartographe indépendant, au cours de laquelle j’ai travaillé pour différentes maisons d’édition.

En 1991, j’ai découvert les Systèmes d’Information Géographiques lors d’une mission de création d’une carte de France numérique destinée au calcul d’itinéraires au sein de la société Lamy, devenue ensuite Téléroute.

En 1992, j’ai participé à la création d’Éditerra, une société spécialisée dans la fourniture de cartes pour l’édition. Très appuyée sur les capacités techniques des SIG, la société a construit sa réputation sur la qualité éditoriale de sa production, et sur ses méthodes novatrices. Clairement, la stratégie de produire des cartes non seulement belles mais aussi intelligentes a été payante pour l’entreprise. Tous les grands noms de l’édition ont eu recours à ses services, pour des ouvrages de grande diffusion (Guide de la Route (Sélection du Reader’s Digest), Petit Larousse, Guides des Auberges de Charme (Rivages), atlas Jeune Afrique, entre autres)

En 2005, j’ai quitté Éditerra qui poursuit son chemin pour prendre le poste que j’occupe aujourd’hui au sein du Groupe MICHELIN.

 

 

 

Au final, que vous a apporté votre formation ?

D’abord, je dois beaucoup au DESS, qui de mon point de vue avait deux vertus principales : une grande exigence au sujet de la qualité des cartes, et une orientation très technique qui donnait un vrai avantage sur le marché du travail.

J’ai fait mes études à l’époque où les cartes étaient produites selon les méthodes traditionnelles, avec des plumes tubulaires et des feuilles de polyester. Pas de zoom, pas de Google… Il était donc primordial de bien choisir sa charte graphique, et d’être rigoureux dans le dessin des éléments et le positionnement des textes. De ce fait, j’ai pris conscience de l’importance de la lisibilité de la carte, de sa beauté, de ses différents niveaux de lecture.

Ensuite, la formation reçue à l’époque comportait des cours de photogravure. Ce métier, disparu depuis, consistait à traiter de manière photographique les couches dessinées par la cartographe pour les transformer en supports prêts à monter sur la presse d’impression offset. Et cette culture de l’agencement des couches entre elles me paraît un atout pour bien comprendre et ordonner les calques d’un document cartographique, ou même les couches d’une base de données dont on souhaite extraire des cartes à imprimer.

D’autre part, même si je ne fais plus de dessin cartographique aujourd’hui, je reste profondément convaincu que pour dialoguer et travailler au quotidien avec des professionnels il est crucial d’être crédible et compétent dans leur domaine. Et donc, que les heures passées penché sur une table à dessin ou la souris à la main donnent de la légitimité à celui qui anime une équipe.

 

Même si la cartographie a subi des révolutions successives très profondes en quelques années seulement, il reste primordial pour le cartographe de ne pas se « couper une jambe » en ne s’intéressant qu’à l’une de ses deux composantes : l’image ou la donnée. Pour bien marcher, pour conserver un bon équilibre, les deux jambes sont nécessaires, et la carte intelligente doit aussi être belle.