Rédigé sous la direction de Christine Lazerges et Geneviève Giudicelli-Delage, l'ouvrage est publié aux Presses Universitaires de France, dans la Collection Les Voies du Droit (avril 2008).
Publié avec le soutien financier de l'UMR de droit comparé de Paris et de l'Université Paris 1, l'ouvrage est le fruit de la recherche de 15 doctorants de l'Ecole doctorale de droit comparé et de docteurs en droit.
La place de la victime sur la scène pénale fait débat aussi bien pour les chercheurs en droit et en politique criminelle que pour l'ensemble des citoyens. Des expressions récurrentes dans le discours public contemporain comme « montée en puissance des victimes » ou « envahissement de la scène pénale par les victimes » ou au contraire « insuffisante prise en compte des victimes » prouvent l'extrême actualité du sujet.
Un des mouvements de politique criminelle remarquable est cette attention nouvelle pour les victimes d'infractions pénales, partout en Europe, conduisant à la recherche de réponses étatiques (législatives et judiciaires) et sociétales (associatives et/ou individuelles) pour répondre avec justesse aux attentes de diverses natures des victimes.
Cet ouvrage de droit comparé offre au lecteur trois entrées en proposant d'abord des « Figures nationales » (Allemagne, Angleterre, Belgique, Espagne, France et Italie), avant de le conduire dans un deuxième temps par des « Eclairages supranationaux » à réfléchir aux fondements européens et communautaires du droit des victimes qui ne sont pas étrangers au statut particulier de la victime devant les juridictions pénales internationales.
Enfin, dans la troisième partie de l'ouvrage, sous le titre « Regard croisés » trois approches ont semblé s'imposer, la première anthropologique, la seconde et la troisième plus juridiques. Il en est ainsi de l'action pénale qui, si elle ne peut être cédée, apparaît bien aujourd'hui partagée entre le ministère public et la ou les victimes. Il en est ainsi également de la question lancinante de l'indemnisation et/ou de la réparation avec l'hypothèse soutenue que l'indemnisation n'est qu'un des volets de la réparation.
La souffrance intime des victimes est partout présente, visible ou latente, dans les textes constituant ce livre avec l'idée-force si bien exprimée par Paul Ricoeur quand il affirme que: « Derrière la clameur de la victime se trouve une souffrance qui crie moins vengeance que récit ».
Geneviève GIUDICELLI-DELAGE, Christine LAZERGES Paris,
PUF, Coll. les voies du droit, 2008, 296 p., 20 euros, IBSN 978-2-13-055777-7
Introduction, par Christine Lazerges
Première partie - Figures nationales
I - Y a-t-il une place pour la victime en procédure pénale allemande ? par Hervé Henrion
II - La victime en Angleterre, "une formidable absence toujours présente", par Aurélien Martini
III - Victime dans la procédure pénale belge, victime de son succès ? par Kris Decramer et Lore Gyselaers
IV - La victime en Espagne, acteur privilégié du procès pénal, par Rodolfo Brenes Vargas et Alberto Manuel Poletti Adorno
V - Le double visage de la victime en France, entre quête de reconnaissance et quête d'un véritable rôle procédural, par Martin Méchin
VI - La victime en Italie, histoire d'un difficile équilibre entre les intérêts privés et publics à la réponse au crime, par Teresa Ottolini
Deuxième partie - Éclairages supranationaux
VII - La clarification des fondements européens des droits des victimes, par Marie-Laure Lanthiez
VIII - Les politiques supranationales européennes, ou l'âme ambiguë de l'harmonisation, par Giulietta Gamberini
IX - De l'ombre à la lumière, l'intégration contrôlée des victimes au sein de la procédure pénale internationale, par Mathieu Jacquelin
Troisième partie - Regards croisés
X - Représentations de la souffrance sur la scène du droit étatique, par O. Sara Liwerant
XI - L'indemnisation n'est pas la réparation, par Christine Lazerges
XII - Vers une action pénale partagée ? par Raphaële Parizot
Conclusion, par Geneviève Giudicelli-Delage