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Madame Régine Prugnaud
17, rue de la Sorbonne
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Les axes de recherche
Les axes de recherche
1. Sociétés et représentations sociales :
Cet axe regroupe l'ensemble des études traditionnellement menées dans l'École sur les identités et la construction identitaire, le multiculturalisme, la sociabilité publique et privée, l'histoire des femmes et du genre.
C'est autour de la problématique Normes et Sociétés que cet axe se reconfigure dans la prochaine séquence quadriennale. Il s'agit, sous cet intitulé, d'explorer les interactions entre les systèmes normatifs (qu'on ne peut en aucun cas réduire aux seules normes juridiques) et les pratiques sociales, dans des domaines aussi variés que la justice, l'administration, le travail, la religion, les rapports entre individus qu'ils relèvent de l'espace public ou du champ de l'intime. L'orientation est donc nécessairement pluridisciplinaire.
Ce thème, qui traverse toutes les recherches en histoire, est explicitement présent sous ce titre dans le programme des médiévistes du LAMOP et alimente les projets de la plupart des équipes. Évoquons quelques exemples : l'histoire des moeurs et du politique (antiquité), ordre et désordre urbains (époque moderne et révolution française), les enquêtes et les autres instruments de régulations sociales (au XIXe siècle), les morales séculières et religieuses (époque moderne, XIXe siècle), les formes d'organisation ou de contestation du travail (XXe siècle), les relations à la violence en temps de crise, de guerre, comme en temps ordinaire (CHS, XXe siècle). Mais ces questions traversent aussi de nombreuses problématiques d'histoire religieuse, attentives à la diversité des formes normatives des religions : polythéismes, orthodoxie byzantine, christianisme médiéval et moderne, islam médiéval, moderne et contemporain... Décrire les normes, les interpréter, étudier leurs transformations, leurs adaptations et leurs relations avec les pratiques sociales est surtout au coeur d'une histoire de plus en plus comparatiste ( les éclairages comparés à l'échelle européenne, les relations aux mondes coloniaux, voire les pratiques même de la mondialisation constituent des thèmes forts dans de nombreuses équipes). Cette orientation est rendue possible par la richesse et la diversité des équipes de recherche regroupées dans l'école doctorale-des équipes dont l'insertion dans le recherche internationale est souvent très importante-mais également par l'existence à Paris 1 d'une historiographie fortement à l'écoute et en prise sur les autres sciences sociales : anthropologie, sociologie et droit en particulier.
Un sous-ensemble de ce thème est particulièrement vivant dans la recherche et l'enseignement : l'histoire du genre. L'équipe d'histoire ancienne en a fait un de ses axes, il est présent également chez les médiévistes, dans le Centre d'histoire des modernités, en histoire culturelle du XIXe et XXe siècle, au CEMAF (Afrique) aussi avec une recherche sur les constructions sociales du genre (corps, santé, rituels). Séminaires, tables rondes, publications d'équipes, sujets de thèses témoignent de la vitalité de cet axe qui est appelé à un fort développement au niveau général de l'Université dans le prochain quadriennal.
"Normes et sociétés" est par ailleurs le thème commun retenu par les écoles doctorales d'histoire de Francfort-sur-le-Main en Allemagne et de Paris 1 dans leur programme de collaboration. Un projet d'un collège doctoral franco-allemand est en effet en cours d'élaboration et sera soumis aux instances de tutelle au printemps 2009. S'il est retenu, il permettra d'offrir une double formation tant épistémologique que thématique aux doctorants allemands et français et de rendre plus solide les échanges entre cette nouvelle génération intellectuelle.
2. Échanges et flux, nationaux et internationaux :
cet axe dynamique a regroupé jusque là les nombreux travaux entrepris sur les flux migratoires, les échanges entre les différents continents et la question de la construction européenne. Il comprenait aussi les études sur les rapports économiques entre les pays, les transferts culturels, les métissages.
C'est autour de la thématique plus spécifique des Réseaux, échanges, espaces qu'il se réordonne dans le projet 2010-2013. Cette thématique est au coeur des préoccupations de toutes les équipes de recherches, du Proche-Orient ancien à l'Amériques latine contemporaine. La question de la mobilité et des échanges conduit à la réflexion sur les transferts culturels (au sens large), matériels autant qu'intellectuels. Une même problématique née de l'anthropologie historique structure des recherches sur des objets distants de plusieurs siècles et appliqués à des civilisations très différentes. ceux-ci concernent les migrations humaines considérées dans leur dimension à la fois anthropologique, sociale et politique (émigration, intégration, nationalité), qui constituent l'un des chantiers majeurs des historiens du CHS XXe siècle et l'une des grandes problématiques des économistes de l'IDHE (territoires de l'économie, migrations internationales et travail forcé) ainsi que les africanistes du CEMAF (mouvements nés de la traite et de l'esclavage). mais ces questions concernent aussi les transferts internationaux de marchandise, de matières premières (CHS XXe, IRICE), de capitaux, l'organisation des marchés, des institutions et des places financières (IDHE). Elles concernent enfin tout ce qui a trait à la circulation des savoirs, savoir-faire, des techniques et de la mobilité dans les espaces savants, questions travaillées par la majeure partie des équipes et qui constituent l'un des axes prioritaire des modernistes ( la reconfiguration des espaces de savoir et des institutions intellectuelle du XVIe au XXe siècle) et des américanistes du MASCIPO, engagés dans une ample réflexion sur les circulations en jeu dans le concept d'"américanisation".
Au coeur de cet ensemble, la ville constitue de longue date chez les historiens de Paris 1 un espace privilégié d'observation et d'analyse, de la cité antique aux capitales contemporaines. Une attention toute particulière, traditionnelle elle aussi dans cette université, est accordée à l'histoire de Paris, dont l'espace, les mouvements, les circulations, font l'objet d'un sous-ensemble particulièrement vivant. Du Paris médiéval (LAMPO), des paysages urbains transformés dans le Paris des révolutions (IHRF) jusqu'aux façons d'habiter et aux politiques de gouvernance du grand Paris à la fin du XXe siècle (CHS XXe), ce sont toutes les questions liées à l'accélération des circulations et des mobilités dans l'espace urbain qui, à l'aune du cas parisien, se trouvent ici engagées.
3. Fonctionnement du politique, de l'Antiquité à nos jours :
sont réunis dans cet axe l'ensemble des travaux sur les institutions, l'adaptation aux normes politiques, le développement de la sujétion, les structures et les sociétés politiques, l'histoire des opinions publiques, l'histoire de la guerre. Le politique s'y définit à la croisée des institutions, des pratiques sociales et des discours.
Cet axe, qui est en plein renouvellement épistémologique, a redéfini ses perspectives principales pour le nouveau quadriennal autour de la question de l'État et la démocratie. La question de la genèse de l'État et du concept de société politique aux XIVe et XVe siècle anime, dans une perspective européenne comparée ( France, Italie, Iles britannique, Péninsule ibérique) les médiévistes du LAMPO et se poursuit dans l'un des grands chantiers des historiens modernistes (Modernités et révolutions), dont l'une des perspectives transversales est dédiée à l'étude de la naissance, dans le même espace européen de la notion de "chose publique", des expériences de gouvernement "républicain" en Europe (XVI-XIXe siècle), analysés en terme de pratique de pouvoir, de culture politique, de sensibilité. reformulée en termes plus contemporains, la question de la "démocratie européenne" constitue la principale synergie de recherche du laboratoire IRICE qui en fait une des principales voies d'accès aux analyses de la constitution européenne, l'enjeu central des relations Est/Ouest comme des relations entre l'Europe et les autres, l'enjeu encore des crises politiques et des phénomènes de résistances, des conflits de mémoire et des problématiques de la "réconciliation" qui travaillent toutes les relations internationales à l'époque contemporaine.
Au coeur de ces réflexions sur l'Etat et la démocratie s'individualise un sous- thème particulièrement novateur et productif, consacré à la question du pouvoir symbolique, de ses constituants et de ses applications. Présente autour des modes de figuration du pouvoir dans les cités et les institutions antiques (GGP), cette question traverse largement les travaux des médiévistes (LAMOP) qui s'interrogent sur les vecteurs et le fonctionnement du pouvoir symbolique à un moment-la fin du Moyen-Age et la Renaissance- qui voit le monopole symbolique de l'Église remis en cause. Elle débouche sur l'analyse des "mythologies politiques du contemporain" prise en charge par les vingtiémistes du CHS XXe. Une telle articulation permet de donner plus de force au projet en le reliant explicitement aux problématiques de l'histoire culturelle qui constitue une autre des spécificités des historiens de Paris 1.
4. Histoire du patrimoine matériel et immatériel :
cette thématique regroupe traditionnellement les travaux relevant de l'histoire de l'environnement et des paysages, des pratiques et des innovations scientifiques, techniques, industrielles, des transformations culturelles, religieuses, intellectuelles.
C'est principalement autour des problématiques Épistémologie, savoirs et historiographie que cet axe propose de redéployer ses travaux dans le nouveau contrat quadriennal. Le groupe de recherche sur les sciences et techniques en fait son axe majeur, mais c'est, sous des formes diverses, une préoccupation de l'ensemble des laboratoires partie prenante de l'ED. Les équipes d'histoire ancienne et médiévale réfléchissent à la constitution de leur domaine de savoir (sciences, techniques, philosophie, philologie, histoire, archéologie), tout en poursuivant la constitution de corpus. Les traditions historiographiques et la réflexion sur le patrimoine matériel et intellectuel sont les thèmes forts du CEMAf (Afrique) et du Centre d'histoire des modernités, qui travaille directement sur les pratiques savantes, la construction de l'information sur les pratiques savantes, la construction de l'information et l'institution de la science moderne. Représentations du passé, identité mémorielle et construction du savoir dans le monde euro-américain constituent l'un des chantiers ouverts par le laboratoire MASCIPO. L'historiographie française du XIXe siècle est interrogée au travers de cette source particulière que constitue l'imposante littérature grise présente sur ce thème depuis la création de la Sorbonne (Centre du XIXe siècle). Les économistes (IDHE) font de l'histoire intellectuelle et des sciences de l'action économique l'un de leurs axes transversaux et la question de l'épistémologie des pratiques et des discours culturels est menée, dans sa diversité, par de nombreux chercheurs du CHS XIXe siècle. On notera encore le souci d'une réflexion importante sur les corpus et les pratiques de l'archive, tant dans leur dimension épistémologique que dans la mise en oeuvre de fonds et de ressource documentaires nouveaux (histoire ancienne, CEMAf, Centre du XIXe siècle, CHS XIXe siècle). Dans ce cadre, la manière dont se développe actuellement l'histoire culturelle, en général et à Paris 1 en particulier, pourrait faire l'objet d'une réflexion commune. Elle est désormais riche de nombreux territoires : l'histoire des productions, des producteurs et des médiateurs culturels, histoire des représentations, histoire des sensibilités, histoire des émotions, histoire des imaginaires sociaux, qui ne cessent de redéfinir les uns par rapport aux autres er qui adoptent des configurations différentes selon les époques et les aires géographiques étudiées. Il serait intéressant de confronter les enjeux épistémologiques, les problématiques et de mener une étude comparatives des diverses manières d'aborder l'histoire culturelle aujourd'hui.
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