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Madame Régine Prugnaud


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Autres publications

Des ouvrages

 

 

Sous la direction de de Jean-Marie Bertrand, Pierre Boilley, Jean-Philippe Genet et Pauline Schmitt-Pantel, Langue et histoire. Actes du colloque de l'École doctorale d'histoire de Paris 1, INHA, 20 et 21 oct. 2006, Paris, Publications de la Sorbonne, 2012 (Homme et société, 39).

Depuis Saussure, nous savons tous que la langue est la plus importante de toutes les institutions d'une société, celle sans laquelle, précisément, il n'y aurait pas de société. Elle est pourtant trop peu étudiée par l'historien : si ses sources sont sacrées, que fait-il de la langue dans laquelle elles lui sont parvenues ? Sans doute lui prête-t-il la plus grande attention, s'il doit éditer un texte ou si celui-ci lui oppose, par sa difficulté ou par les problèmes d'authenticité qu'il soulève, une résistance : l'historien ne répugne pas à se faire philologue, dans la mesure de ses moyens, puisqu'il s'agit là d'une des composantes requises de l'érudition académique ; de même, sa culture lui permet souvent de juger du style ou des qualités " littéraires " d'un texte. Mais il va plus rarement au-delà, alors que des approches pluridisciplinaires ouvrant la voie à des analyses linguistique, sociolinguistique ou logométrique lui apporteraient des informations historiques du plus haut intérêt. De Méroé au Burundi, des discours des présidents de la République française aux chartes royales éthiopiennes, des démonstratifs en moyen français au bilinguisme gréco-romain en passant par les glissements du " français du roi " au picard ou aux langues du midi, le présent volume, reflet partiel d'une fructueuse rencontre organisée par l'École doctorale de Paris 1 en 2006, offre une dizaine d'exemples de ces approches, ainsi qu'une mise en perspective générale de la place qu'occupe la langue dans les préoccupations des historiens depuis une cinquantaine d'années. Autant qu'à la réflexion méthodologique, il incite à la mise en commun des savoirs et des compétences entre historiens et linguistes, pour que la langue soit prise enfin par l'historien pour ce qu'elle est, l'un des éléments essentiels de ses sources.

 

 

Être parisien. Actes du colloque de Paris (26-28 septembre 2002), C. Gauvard et R. Jacob dir., Paris, Publications de la Sorbonne, 2004

L'histoire de Paris, de la Lutèce antique aux transformations du XXe siècle, est assez bien connue, mais qu'en est-il des Parisiens ? De larges pans de cette histoire restent à explorer et c'est ce que se propose de faire le présent ouvrage. Il ne revient pas sur l'évaluation de la population à travers les âges, sur les études des métiers ou les déviances du corps social. Les auteurs s'efforcent plutôt de montrer d'où viennent les Parisiens, mélange de natifs et de "forains" provinciaux ou étrangers, dont le flux et le reflux rythment l'histoire de la grande ville. Les arrondissements, les rues et les quartiers créent sociabilité et identité, grâce à la force intégrationniste du bâti parisien et à une certaine porosité sociale, à travers les siècles passés. La bourgeoisie s'efforce de faire " un corps de ville " face à l'État qui cherche à contrôler la population, d'où émergent quelques figures symboliques, la " Parisienne ", les lorettes ou les bandits au grand cœur.

Vivre parisiennement, c'est se poser en modèle face aux capitales provinciales ou étrangères et afficher le complexe de supériorité de ceux qui ont conscience de faire l'histoire, en vivant dans une capitale d'où tout irradie, le pouvoir, les modes, les rumeurs, les modèles culturels. Un fort sentiment identitaire se construit dans le rapport à la ville, dont les limites structurent la communauté, et dans le rapport entre les autres et soi-même, qui conduit à exclure les plus pauvres, les plus marginaux et à afficher la supériorité d'un modèle de vie porteur de devoirs et d'exemplarité. Être Parisien, vivre parisiennement et se sentir parisien : trois pôles d'un thème fort riche, approfondi ici de manière diachronique.

 

 

Figures de femmes criminelles de l'Antiquité à nos jours, Myriam Tsikounas , Loïc Cadiet , Frédéric Chauvaud , Claude Gauvard, dir., Collectif, Paris, Publications de la Sorbonne, 2010.

Alors que la part des femmes dans la délinquance est restée moindre que celle des hommes et que le droit traite, en principe, les deux sexes à égalité, pourquoi le récit de leurs crimes les transforme-t-il si facilement en monstres ? Pour répondre à cette question, paradoxale, cet ouvrage croise les analyses d'historiens, juristes, criminologues, historiens de l'art et plasticiens. Ces chercheurs mobilisent des sources abondantes et multiples, fragments bibliques, vases antiques, miniatures médiévales, chroniques judiciaires, dessins de presse, grands procès reconstruits par la télévision... qui nous donnent à voir la complexité des représentations des femmes criminelles, construites et sédimentées depuis trois millénaires. Des figures de femmes criminelles contemporaines - Jeanne Weber, l'ogresse de la Goutte d'or, Violette Nozière, l'empoisonneuse, les soeurs Papin - aux figures archétypales " intemporelles " - Eve, Pandora, la sorcière, la prostituée, la femme adultère, qui ne sont pas coupables de crimes mais pensées comme coupables du désordre de l'humanité -, on retrouve les mêmes stéréotypes dépréciatifs des femmes dans l'imaginaire occidental.

Cette image peut connaître des nuances, des changements concernant les infractions féminines sont intervenus dans le champ juridique, mais sur le long terme la société n'accepte guère que la femme soit criminelle. Si la femme est réellement criminelle, elle donne une image repoussante, celle du monstre, ou au contraire aguichante, celle de la tentatrice dont les prostituées sont les filles. Cela revient, dans les deux cas, à renier le crime au féminin. Est-ce la raison pour laquelle, aujourd'hui encore, les historiens n'arrivent pas à expliquer le phénomène, sauf à dire que les femmes sont portées à la paix et les hommes à la violence ?