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De 1940 à la crise de 1968

De 1940 à la crise de 1968

1/ La seconde guerre mondiale, la IVe République, la Ve République.

La défaite de 1940 ayant provoqué l'occupation de la France par les Allemands, le gouvernement, qui s'était établi à Vichy et qui collaborait avec l'ennemi, prit des mesures discriminatoires conformes aux vœux de celui-ci. Il exclut de l'administration française les Juifs et les opposants les plus résolus à sa politique. Le corps universitaire parisien fut particulièrement affecté par ces mesures racistes et arbitraires. Au reste, la situation s'aggrava par étapes en provoquant rapidement l'incarcération et la déportation des professeurs juifs ou hostiles aux Allemands et à la collaboration avec eux.

 

 

Pour sa part, la résistance s'organisa progressivement dans les facultés parisiennes. Mais il fallut de dures épreuves pour qu'elle puisse participer effectivement à la libération de Paris le 25 août 1944.

 

 

En 1945, à la fin du conflit, l'Université de Paris retrouvait les problèmes qui lui étaient propres et qui s'étaient aggravés avec la guerre et l'occupation étrangère. Mais la IVe République dépensait les crédits publics dans des expéditions coloniales d'un autre âge, et elle refusa toujours à l'enseignement supérieur les moyens qui lui étaient nécessaires pour accomplir sa mission.

 

 

Au Quartier latin, les étudiants s'entassaient dans des salles et dans des amphithéâtres surpeuplés, et le corps enseignant, insuffisant en nombre, n'avait pas les moyens de les suivre et de les encadrer correctement. Il fallut attendre la fin de la IVe République pour qu'on établisse à Orsay une seconde Faculté des Sciences parfaitement équipée pour la recherche. C'est également dans cet esprit qu'on institua à cette époque, dans les facultés, le 3e cycle de recherche qui manquait à l'Université française. Pour être tardive, l'initiative devait avoir d'heureux effets.

 

 

Mais la déconcentration des centres universitaires dans la capitale et à la périphérie sera surtout l'œuvre de la Ve République dans les premières années de son existence. Cette politique atteignit ses objectifs en répondant notamment aux problèmes posés par le nombre des étudiants. Malheureusement, le pouvoir crut également qu'il pouvait contrôler l'accès de ces derniers à l'Université, en organisant une sélection sévère à l'entrée des facultés et en créant des instituts universitaires de technologie, qui pouvaient apparaître comme des filières de second ordre pour les bacheliers inaptes à l'enseignement supérieur traditionnel.

 

 

En fait, cette création était une initiative très heureuse en introduisant des options techniques et professionnelles dans cet enseignement qui n'en avait pas suffisamment auparavant, puisque ces options étaient réservées aux grandes écoles depuis Napoléon. Mais la réforme, qui n'avait pas été négociée avec tous les partenaires intéressés, fut rejetée par les étudiants dans un climat politique et social défavorable, et elle provoqua une véritable insurrection dans les facultés à Paris et en province.

 

 

2/ La cause immédiate de la crise de 1968, la législation universitaire nouvelle.

 

 

La Faculté des Lettres de Nanterre - créée en 1964 au sein de l'Université de Paris - étant devenue le théâtre d'une agitation gauchiste permanente contre les projets de réforme, le recteur de l'Académie, président du Conseil de l'Université de Paris, décidait sur proposition du doyen de cette faculté de fermer cette dernière le 2 mai 1968.

 

 

Si cette agitation permanente était redoutable dans le campus isolé de Nanterre, il faut dire qu'elle était principalement le fait d'une minorité conduite par quelques meneurs, qui contrôlaient une majorité indécise et déroutée par la réforme en question. Au reste, le lendemain, le 3 mai, il n'y avait que trois à quatre cents étudiants dans la cour de la Sorbonne pour dénoncer la fermeture de la faculté de Nanterre et demander au recteur d'annuler la décision administrative qui permettait de traduire plusieurs de leurs camarades devant le Conseil de l'Université de Paris.

 

 

Mais le recteur ne put donner l'audience qu'ils désiraient et, en fin de soirée, il fit appel à la police pour qu'ils évacuent la cour de la Sorbonne. Des échauffourées violentes opposèrent les étudiants aux forces de l'ordre dans la rue et il y eut des arrestations nombreuses et des centaines de blessés dans les deux camps. Tel est l'incident majeur qui entraîna plusieurs semaines de troubles à Paris et une grève générale illimitée en France, et qui faillit emporter la Ve République.

 

 

Le général de Gaulle, président de la République, réussissant à rétablir l'ordre à la fin de mai, la nouvelle assemblée nationale élue en juin, après la dissolution de la précédente, eut pour principale mission de réformer la législation universitaire de la IIIe République, en donnant une large autonomie de gestion aux établissements d'enseignement supérieur et en permettant ainsi d'établir plusieurs universités dans une même circonscription académique.

 

 

C'est ainsi qu'à Paris, où l'Université était devenue très difficile à gérer par le nombre de ses professeurs et de ses étudiants, la législation nouvelle - loi du 12 novembre 1968, remplacée par la loi du 26 janvier 1984 - permit de créer dès 1969 treize universités au sein de l'ancienne Université de Paris. Paris 1 est la première d'entre elles dans l'ordre numérique. Mais, si elle possède, comme tous les établissements d'enseignement supérieur français, son président et son conseil, elle est placée, avec les autres universités de la capitale et de la périphérie, sous la tutelle administrative du recteur de Paris, chancelier des Universités de son académie.

 

 

De cette manière, toutes les universités créées en 1968 au sein de l'Université de Paris sont également les héritières directes de cette dernière. Elles en poursuivent ensemble l'enseignement et la grande tradition scientifique et pédagogique issue d'un passé prestigieux que nous venons d'évoquer.