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La première moitié du XIIIe siècle

La première moitié du XIIIe siècle 

La constitution du corps universitaire parisien reconnu successivement par le roi et par le pape.

En 1200, la police royale réprima sauvagement un incident entre les bourgeois de Paris et la corporation universitaire parisienne. Celle-ci se plaignit au roi Philippe Auguste qui prit sa défense en accordant à ses membres - maîtres et étudiants - le privilège d'être soumis à la juridiction ecclésiastique pour les fautes dont ils se rendraient coupables. Ce privilège était important à une époque où l'Église et son droit écrit garantissaient contre l'arbitraire ceux qui en étaient dotés. Le monarque reconnaissait ainsi la corporation universitaire parisienne, à laquelle il donnait une existence légale.

 

 

Cette reconnaissance avait ses limites puisque depuis le haut Moyen Âge le permis d'enseigner - autrement dit la licence - était de la compétence exclusive de l'évêque ou de son chancelier. Mais au début du XIIIe siècle, celui-ci exigeait des candidats le paiement de droits arbitraires pour leur accorder cette licence, et les maîtres et les étudiants parisiens demandèrent au pape Innocent III de mettre fin aux abus dont ils étaient les victimes. Celui-ci, qui avait étudié à Paris, provoqua un arbitrage aux termes duquel le chancelier épiscopal devra accorder gratuitement la licence, en se conformant au jugement respectif des maîtres spécialisés dans les quatre disciplines enseignées à Paris: la théologie, le droit ecclésiastique, la médecine et les arts libéraux (1213). Telle est l'origine des quatre facultés - théologie, droit*, médecine, arts - de l'ancienne Université de Paris avant la Révolution. Au départ, ces dernières sont exclusivement des jurys d'examen compétents** pour les quatre disciplines concernées.

 

 

En 1215, Innocent III confirme cet arbitrage en reconnaissant à son tour le corps universitaire parisien, dont il fixe certaines dispositions statutaires que Grégoire IX précisera en 1231. Désormais, l'université dispose d'un statut garanti par l'autorité laïque et par l'Église, et elle crée progressivement deux grades qui s'ajoutent à la licence dans le cursus et qui garantissent son autonomie corporative au regard du chancelier épiscopal: le baccalauréat - ou déterminance - avant la licence d'une part, la maîtrise ou doctorat après cette dernière d'autre part.

 

 

Mais en entrant dans l'université, l'écolier doit se placer sous l'autorité d'un maître qui lui servira de tuteur pour la durée de ses études. Le corps universitaire parisien recrutant ses membres dans l'ensemble du monde occidental, les étudiants choisissent de préférence ce tuteur parmi leurs compatriotes qui enseignent à Paris. C'est ainsi que les maîtres et leurs élèves constitueront rapidement dans ce corps quatre groupes régionaux qu'on appellera les « nations » de France, d'Angleterre***, de Picardie et de Normandie. Ces « nations » auront le privilège d'élire pour une durée limitée le recteur de l'université.

 

 

* Qu'on appellera longtemps le «décret», parce que la faculté de droit parisienne dite Faculté de Décret, excluait l'enseignement du droit romain et commentait principalement le Décret de Gratien, qui avait été composé vers 1140 et qui était un code de droit ecclésiastique.

 

 

** Le terme latin «facultas» évoque précisément cette compétence.

 

 

*** qui deviendra la nation d'Allemagne à la fin de la guerre de Cent ans.