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La première moitié du XVIe siècle

La première moitié du XVIe siècle

Le concordat de 1516, la Renaissance française et la fondation des lecteurs royaux.

Il fallut les guerres d'Italie (1494-1515) pour que la monarchie française, victorieuse à Marignan (1515), établisse une tutelle sans partage sur l'Église gallicane* et sur le corps universitaire parisien. François Ier profita effectivement de sa victoire pour signer avec le pape Léon X le concordat de Bologne (1516), qui accordait au roi un pouvoir discrétionnaire sur l'accès des gradués des universités aux bénéfices ecclésiastiques - évêchés, abbayes, prieurés- en France.

 

 

Mécontente d'avoir perdu définitivement la possibilité de contrôler les nominations à ces bénéfices, l'université essaya par tous les moyens d'empêcher la ratification du concordat par le Parlement de Paris qui partageait ses sentiments. Mais elle dut se soumettre avec celui-ci à la volonté royale qui manifestait de cette manière l'émergence de l'absolutisme monarchique.

 

 

Solidement appuyé sur la foi catholique et la papauté, cet absolutisme permettra à la France d'éviter la rupture de la Réforme luthérienne qui éclatera en 1517 en provoquant la division religieuse de l'Allemagne. Pour sa part, l'opposition persistante des corps constitués au concordat suscitera exclusivement l'essor d'un gallicanisme universitaire et parlementaire soucieux de limiter le pouvoir absolu du pape au spirituel et du roi au temporel. Mais ce gallicanisme ne rejetait pas la foi catholique, et l'université et sa faculté de théologie soutiendront fermement avec le Parlement la répression du protestantisme par le pouvoir royal sous François Ier et ses successeurs.

 

 

En outre, François Ier critiquait l'enseignement des facultés parisiennes qui n'introduisaient pas dans leurs méthodes pédagogiques les disciplines nouvelles, issues de la Renaissance et de l'humanisme. Fondées principalement depuis le Moyen Âge sur la pratique du syllogisme et sur la réflexion scolastique, ces méthodes ignoraient la rhétorique antique et les langues anciennes - latin classique, grec, hébreu - qui permettent seules d'avoir une connaissance critique de la Bible et des textes anciens et de répondre de cette manière aux impératifs intellectuels et culturels de l'époque.

 

 

Assurément, certaines de ces disciplines s'étaient progressivement introduites dans les collèges de la faculté des arts depuis le XVe siècle. Mais elles n'étaient pas encore entrées officiellement dans les programmes universitaires, et cette lacune empêchait les élites religieuses et laïques d'avoir une formation adaptée aux missions respectives qui les attendaient pour exercer correctement leurs fonctions dans l'Église et dans l'État à l'époque de la Renaissance.

 

 

Ce fut le mérite de François Ier et de son entourage éclairé - Marguerite de Navarre, sœur du roi, l'humaniste Guillaume Budé, l'évêque Jean du Bellay - de comprendre la nécessité d'introduire dans l'Université un groupe de lecteurs payés par le roi et spécialisés dans l'enseignement des disciplines humanistes pour insérer définitivement ces dernières dans les collèges parisiens. L'institution de ces lecteurs en 1530 est à l'origine du prestigieux Collège de France qui existe encore aujourd'hui.

 

 

* Église Gallicane: qui concerne l'Église catholique de France