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La première moitié du XVIIIe siècle

La première moitié du XVIIIe siècle

La querelle de l'Unigenitus, l'enseignement du cartésianisme et la naissance d'un esprit nouveau.

Avant de mourir, Louis XIV avait demandé au pape, à l'instigation des jésuites, de condamner solennellement le jansénisme qui troublait toujours l'Église et le corps universitaire en contestant l'absolutisme royal et pontifical. C'est pourquoi le pontife publia à cet effet la bulle Unigenitus (1713), qui suscita immédiatement contre elle une opposition déclarée au Parlement, dans l'université et même auprès de nombreux théologiens parisiens.

 

 

Le duc d'Orléans, qui exercera la Régence (1715 - 1723) après la mort du Grand Roi, pratiquant une politique radicalement différente de celui-ci, l'opposition janséniste prit un caractère insurrectionnel au sein du corps universitaire et dans le pays. Il faudra attendre la majorité de Louis XV et la politique pacifiste de son ministre d'État, le cardinal de Fleury (1726 - 1743), pour que la faculté de théologie et l'université acceptent définitivement l'Unigenitus.

 

 

Cependant, même s'il avait fini par sévir contre les opposants à la bulle, le Régent avait singulièrement libéré les esprits en permettant, par sa politique tolérante, l'enseignement du cartésianisme à la faculté des arts. Au reste, celle-ci profita tout particulièrement de la sollicitude du duc d'Orléans, qui accorda en 1719 la gratuité des études aux écoliers «artiens*».

 

 

La querelle religieuse s'étant momentanément assoupie, les années comprises entre 1730 et 1750 furent marquées par l'évolution des mentalités qui accompagna l'essor économique de la France et qui favorisa la naissance d'un esprit scientifique dans la corporation universitaire parisienne. À partir de cette époque, la physique de Newton remplaça peu à peu celle de Descartes dans l'enseignement des collèges. La faculté de théologie participait elle-même au mouvement en professant un optimisme et un syncrétisme doctrinal dont le jeune Turgot** - le futur ministre de Louis XVI - sera l'interprète en affirmant en 1750 comme prieur de Sorbonne sa foi dans les progrès de l'humanité.

 

 

À cette époque, l'essor des sciences expérimentales est marqué par le rapprochement qui s'opère entre la formation des médecins et celle des chirurgiens qu'un nouveau statut, approuvé par édit royal en 1743, contraint d'être maîtres ès arts pour exercer leur profession. S'ils n'étaient toujours pas membres de la faculté de médecine, les chirurgiens appartenaient désormais à l'université comme «artiens». Enfin, il faut signaler comme un signe des temps la fondation en 1746 du concours général des collèges qui existe encore aujourd'hui.

 

 

* Artiens: maîtres et étudiants à la faculté des arts.

 

 

**À cette époque, Turgot se préparait à être prêtre dans une Église qui croyait au progrès. Il abandonnera cette carrière quand l'appareil ecclésiastique se fera répressif.