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La seconde moitié du XVIIIe siècle

La seconde moitié du XVIIIe siècle

La censure de la philosophie des Lumières, le départ des jésuites et la réforme de l'université.

À la fin de 1751, un jeune théologien défendit implicitement dans une thèse le sensualisme de Condillac et le matérialisme de l'époque. L'impétrant suscitant une polémique parce qu'il avait participé à la rédaction de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert qui venait de paraître, la faculté de théologie dut annuler cette thèse et montrer désormais un zèle intransigeant au service de la foi catholique. C'est ainsi qu'elle faillit censurer Montesquieu et Buffon*, avant de condamner successivement Rousseau, Marmontel, l'abbé Raynal et l'abbé de Mably.

 

 

Les jésuites étant intervenus activement dans cette polémique, la querelle religieuse et philosophique interféra avec la conjoncture politique en provoquant en 1762 la suppression, sur ordre du Parlement, de la Compagnie de Jésus qui dirigeait quatre-vingts pour cent des collèges français**. Telle est l'origine de l'agrégation de l'université, qui fut instituée en 1766 pour recruter des professeurs appelés à remplacer les religieux exilés.

 

 

On profita du départ des jésuites du Collège Louis-le-Grand pour faire de celui-ci le siège de l'université. Pour sa part, la faculté de droit, qui était à l'étroit dans ses anciens locaux, put s'installer dans le bâtiment spacieux que l'on construisit pour elle sur la montagne Sainte-Geneviève, et qui est aujourd'hui le siège des Universités Paris 1 et Paris II. Quant à la faculté de médecine, elle occupa l'immeuble abandonné par les juristes. Les médecins excluaient toujours la pratique expérimentale et ils étaient mal vus du pouvoir qui les défavorisa au profit des chirurgiens pour lesquels on construisit les bâtiments somptueux de l'académie de chirurgie qui seront ceux de l'École de Médecine après 1789.

 

 

* Ces deux auteurs, qui disposaient de puissants appuis, intervinrent personnellement pour éviter la censure de leur œuvre, nommément l'Esprit des Lois, qui avait été publié en 1748, et l'Histoire naturelle qui avait paru en 1749.

 

 

** Très nombreux dans l'enseignement en province, les jésuites ne possédaient à Paris que le Collège Louis-le-Grand, qui était d'ailleurs exclu du corps universitaire de la capitale.