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Le XIIIe siècle

Le XIIIe siècle

L'apogée de l'Université de Paris médiévale, les conflits internes et la fondation de la Sorbonne.

À partir de 1250, la notoriété du corps universitaire parisien est sans partage en Europe. La faculté des arts possède de grands maîtres qui enseignent la science et la métaphysique d'Aristote dans la tradition rationaliste d'Averroès. Quant à la faculté de théologie, elle tente une synthèse audacieuse entre l'aristotélisme et la théologie chrétienne. Les noms d'Albert le Grand et de Thomas d'Aquin sont étroitement liés à l'élaboration de cette synthèse dogmatique.

 

 

Ces deux théologiens (Albert le Grand et Thomas d'Aquin) appartenaient à l'ordre dominicain qui s'était installé avec les franciscains sur la rive gauche de la Seine, où les « artiens*», les médecins et les juristes s'établissaient progressivement depuis le XIIe siècle, en quittant par étapes l'île de la Cité. Habitués à la vie de couvent et rompus au travail intellectuel en équipe, les Dominicains et les Franciscains donnaient aux sciences religieuses et profanes un essor qui permettait à ces religieux de conquérir pacifiquement la majorité des chaires magistrales à la faculté de théologie, si l'on n'y prenait pas garde.

 

 

Consciente du danger que représentaient les Dominicains et les Franciscains qui dépendaient directement du pontife romain, l'université tenta de s'y opposer par tous les moyens après 1250. Mais, en 1255, elle fut contrainte par le pape d'admettre les religieux dans le corps universitaire. Le conflit, qui aura de nombreux rebondissements par la suite, laissera des traces indélébiles dans la tradition nationale. En dépit de leur caractère clérical, l'université et sa faculté de théologie manifesteront désormais une certaine hostilité aux religieux auxquels elles refuseront toujours de confier des responsabilités dans la corporation universitaire.

 

 

C'est notamment pour concurrencer entre autres l'influence des Dominicains et des Franciscains à Paris, que Robert de Sorbon, qui était maître en théologie au cloître Notre-Dame, fonda en 1253 le collège qui porte son nom. Chapelain de Saint-Louis, Robert agissait sur l'ordre du roi qui reconnaîtra solennellement la Sorbonne en 1257. À l'instar des couvents dominicains et franciscains, celle-ci était une communauté religieuse. Mais, à la différence de ces couvents, elle était un collège de prêtres séculiers et d'étudiants pauvres qui disposaient d'une bourse pour se préparer au sacerdoce dans le siècle.

 

 

Le prestige de cette institution de fondation royale favorisa l'essor de nombreux collèges sur la rive gauche de la Seine dans la seconde moitié du XIIIe siècle et à la fin du Moyen Âge. Au départ, ces collèges sont exclusivement des pensions réservées aux étudiants pauvres. C'est notamment à partir du XVe siècle qu'ils deviendront des établissements d'enseignement. Avant la Renaissance, les cours de la faculté des arts avaient lieu rue du Fouarre, près de la Seine, où les maîtres louaient des salles pour donner leur enseignement.

 

 

* Artiens: étudiants à la faculté des arts.