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Le XIXe siècle

Le XIXe siècle 

La Restauration, la Monarchie de Juillet, la Seconde République et le Second Empire.

L'Université impériale, qui devint l'Université de France en 1814, conservera pratiquement le même statut pendant la majeure partie du XIXe siècle. Assurément, la Restauration, aux prises avec les ultra-royalistes et la gauche également hostiles à ce corps d'État, faillit supprimer l'institution après les Cent-Jours (1815). Mais Louis XVIII réussit à la maintenir avec le concours de Royer-Collard, qui défendait la monarchie constitutionnelle contre les extrêmes.

 

 

Toutefois, après l'assassinat du duc de Berry (1820), le roi dut céder aux ultras et, après avoir installé en Sorbonne les Facultés de Théologie, des Sciences et des Lettres qui étaient rue Saint Jacques depuis l'Empire, il nomma l'évêque Frayssinous grand maître de l'université en privant les enseignants libéraux - tels Victor Cousin, Guizot - de leurs chaires parisiennes. Mais, cette politique suscitant la protestation conjointe de la gauche républicaine et de la droite gallicane, Charles X dut rappeler ces enseignants et rétablir avant la révolution de juillet 1830 le régime universitaire antérieur.

 

 

Par l'intermédiaire de Guizot, qui était proche de Louis-Philippe, l'université fut au centre des revendications de cette révolution libérale. Au reste, Victor Cousin et le libéral Villemain furent tour à tour, avec Guizot et le juriste Salvandy, les ministres du roi et ils inspirèrent la politique universitaire du régime, qui conçut de grands projets pour réformer l'Université et développer entre autres les enseignements de la Faculté de Droit de Paris et l'équipement de la Faculté des Sciences de la Sorbonne. Malheureusement, les moyens financiers ne permirent pas de réaliser ces projets, et la Révolution de février 1848 éclata au moment même où Guizot était Premier ministre et veillait jalousement sur les dépenses publiques.

 

 

Les étudiants prirent une part active à cette révolution qui proclama la Seconde République. Mais l'élection de Louis-Napoléon Bonaparte à la présidence de la République en décembre 1848 permit à la droite de voter la loi Falloux (1850), qui proclamait la liberté de l'enseignement secondaire conformément aux termes de la constitution nouvelle. Si elle ne s'appliquait pas aux facultés et à la collation des grades qui conservèrent le monopole universitaire, cette loi n'en aura pas moins des effets pervers sous le Second Empire.

 

 

De fait, le régime autoritaire instauré par le coup d'État du 2 décembre 1851 aggrava l'application de la loi Falloux, en introduisant la hiérarchie catholique dans les instances académiques. En outre, le régime exigea des universitaires de prêter serment au chef de l'État et il surveilla étroitement leurs cours et leur conduite. Enfin, comme Louis-Philippe, Napoléon III eut pour l'université de grands projets qu'il ne put réaliser faute de moyens.

 

 

Sous l'Empire libéral (1860 - 1870), Victor Duruy, ministre de l'instruction publique, voulut introduire la recherche dans l'université et il créa en Sorbonne à cet effet l'École Pratique des Hautes-Etudes. Mais, à la veille de la guerre de 1870, les laboratoires universitaires de Paris étaient dans un état misérable que Pasteur dénoncera justement dans un texte célèbre en 1868.