X
Bientôt fans, merci !
Pourquoi pas vous ?
Facebook J'aime Paris 1
Accueil > Université > Présentation > Historique > L'Université impériale

L'Université impériale

L'Université impériale 

Le Consulat et l'Empire (1799 - 1815), l'Université impériale: sa structure, son esprit.

À la différence de la Révolution, le régime autoritaire créé par le coup d'État du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799) rompt avec la philosophie des Lumières, en fermant les Écoles centrales et en renonçant à la création des Écoles spéciales, à l'exclusion de l'École de Pharmacie et de l'École de Droit qui seront instituées sous le Consulat (1799 - 1804) et qui auront au départ un caractère strictement professionnel.

 

 

Au reste, après la publication du Concordat avec la papauté (1802), Bonaparte crée les lycées pour remplacer les écoles centrales, et ces lycées, qui sont pourvus d'un aumônier, reprennent à beaucoup d'égards les programmes d'enseignement des collèges de l'Ancien Régime. C'est pourquoi, à l'instar de ces collèges, ils seront intégrés dans l'université lorsqu'elle sera restaurée sous l'Empire par la loi de 1806 et les décrets d'application de 1808.

 

 

Mais, à la différence des corporations universitaires autonomes d'Ancien Régime, l'Université impériale est un corps d'État qui réunit en son sein les cinq facultés françaises instituées à Paris et en province, dans les circonscriptions régionales qu'on appelle aujourd'hui encore les académies: Facultés de Théologie, de Droit, de Médecine, des Sciences et des Lettres. Ces facultés auront indistinctement le monopole de l'enseignement et la collation des grades, qui sont au nombre de trois dans toutes les disciplines, la baccalauréat, la licence et le doctorat - à l'exclusion de la médecine qui ne possède que le doctorat.

 

 

L'Université impériale enseigne en premier lieu la théologie - catholique à Paris et en province, et protestante dans certaines villes de province - et il est clair qu'elle se situe à ce sujet comme en d'autres dans la tradition de l'Ancien Régime. Au reste, s'il ne peut ignorer dans les sciences et en médecine les acquis révolutionnaires comme l'enseignement commun de la pratique médicale et de la chirurgie, le corps universitaire napoléonien est résolument spiritualiste et conservateur dans son ensemble. Telle est la volonté de l'Empereur qui a confié l'enseignement de la philosophie à la Faculté des Lettres de Paris à Royer-Collard, qui était à la fois janséniste et cartésien dans l'esprit de l'Ancien Régime.

 

 

Cette philosophie idéaliste et spiritualiste sera également celle de l'École normale, fondée en 1810 dans la meilleure tradition des collèges pré-révolutionnaires*.

 

 

Enfin, en excluant soigneusement de l'université les disciplines techniques qu'il confiait, comme l'Ancien Régime, à des établissements spécialisés, Napoléon est incontestablement responsable de la séparation de notre enseignement supérieur entre les facultés d'une part et les grandes écoles d'autre part. En fait, cette séparation lui était imposée par son hostilité au matérialisme encyclopédique et à la philosophie des Lumières. L'université s'efforcera pour sa part de combler tardivement ses lacunes à cet égard.

 

 

*Cette École normale est tout à fait différente de celle qui avait été créée en 1794 par la Convention dans l'esprit des Lumières.